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L’OISEAU DE PASSAGE

Je lis beaucoup de littérature dite pour la jeunesse. Et je comprends alors qu’elle porte ce nom. Je lis rarement des œuvres dont le sujet touche l’enfance et qui s’adressent à l’enfant en soi, quel que soit l’âge du lecteur. Il en est ainsi pour L’Alchimiste, le Petit prince, Alice au pays des merveilles, La bergère de chevaux (Christiane Duchesne). Il y a longtemps que je n’avais pas lu une œuvre qui touche à l’âme et à toutes ces valeurs qui la tapissent. J’ai lu L’OISEAU DE PASSAGE d’Hélène Vachon publié chez Héritage (Dominique et Compagnie) et qui vient de remporter le Prix du livre Christie et le Prix du Gouverneur général du Canada.

C’est l’histoire de l’oiseau qui le 14 octobre à 14h39 a fracassé le carreau de la fenêtre de la classe et a frôlé l’épaule du petit Gendron avant d’effleurer le postiche de Mme Glatstein, une enseignante d’origine juive qui a vécu l’horreur de la guerre. Cet événement va nous entraîner dans le monde de la faim et de la pauvreté, dans l’univers horrible de la petite Rosalie qui a échappé à la mort parce qu’un soldat s’est mis entre l’enfant, son ballon rouge et une bombe larguée de nulle part. C’est l’histoire du Narrateur qui par sa réflexion sur l’amitié, la mort et la compréhension des adultes de ce qu’est l’enfance, deviendra notre propre conscience. Le lecteur que j’étais ne cessait pas de se dire : j’aurais dû le savoir.
Je vous lis ce passage dans lequel les élèves ont offert au petit Gendron, pauvre et famélique, une bicyclette.

« La pauvreté, c’était donc ça. Une télé qu’on regarde mais qui ne fonctionne pas, un enfant qui se perd dans un vélo comme dans un vêtement trop grand. De quelque façon qu’on la regarde, on en revient toujours au même constat : c’est quelque chose qui ne cadre pas avec vous, avec votre taille, avec ce que vous êtes. La pauvreté c’est quand vous devez vous adapter aux objets des autres, au monde des autres, au lieu de plier le monde à vos propres mesures, à vos propres désirs.»

Je ne connais pas Hélène Vachon. Je sais seulement qu’elle possède une qualité rare : elle fait confiance à son lecteur. Je vous suggère de le lire à vos enfants car les discussions dureront des heures. Et si vous n’avez pas d’enfants auprès de vous, lisez L’OISEAU DE PASSAGE à l’enfant qui est en vous. Il saura bien vous questionner.

J’ai jamais lu un roman aussi nécessaire...


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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