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  Société

LES SYNDICATS ONT TUé LE GéNIE

J’ai finalement décidé de rompre le silence. Je statue dès ce jour que les syndicats ont tué le génie. «C’est ça qui est ça!», disait mon grand-père. J’entends d’ici Michel Chartrand me crier : câlice de tabarnac! Et je m’excuse d’avance parce que j’aime bien ce vieux râleur.

Avez-vous eu la chance de compter le nombre de syndiqués qui assistent aux réunions syndicales d’une école, par exemple. Comment pensez-vous que débutent les mesures de pression? Un bon matin, le représentant syndical (que souvent tout le monde haït) arrive dans la salle du personnel et rapporte que la veille, une demi-douzaine de personnes ont décrété que «assez c’est assez»! Que tout d’un coup, le ministre Untel a fait une déclaration qui a mis le feu aux poudres. Que tout d’un coup, dans la petite salle où vous travaillez tous les jours, la vie n’est désormais plus possible! Une demi-douzaine de personnes, déliées de leur contrat pour réfléchir à votre place sur votre situation de travailleur! Vous vous dites, «pas encore!?». Vous vous dites : « J’peux pas me permettre une grève actuellement.» Vous vous dites : « J’peux pas ne pas suivre le représentant syndical et mes collègues.» Et vous vous retrouvez sur les piquets de grève ou pis encore, en train d’haïr votre boss qui la veille vous faisait des compliments sur une de vos décisions efficaces. Puis, vous observez . Le type à côté de vous manque trois jours par mois parce qu’il a pris une brosse la veille. Il demande à son beau-frère de mettre sa carte dans la «slot de la clock» et arrive à la shop vers 10 heures. Il fait pas la moitié de l’ouvrage et il est très chum avec le représentant syndical. Dès que ce dernier annonce des mesures de pression, il trouve tout d’un coup assez d’énergie pour arriver à 8 heures sur les piquets de grève!

Oui, M. Chartrand, il y a des patrons qui abusent de leurs employés. Il y a des jobbers qui ne sont pas assez payés. Il y a des ministres qui ne reconnaissent pas les heures travaillées par les enseignants. Mais il y a une maudite grosse bande d’employés qui abusent du patron. Il y a des fonctionnaires qui volent des stylos et des agrafeuses au bureau, il y a des employés paresseux qui fourent le système, il y a des représentants syndicaux violents qui règlent leurs vieux conflits avec l’autorité.

Les syndicats ne défendent pas les génies du travail. Ils protègent les fainéants. Ils encouragent la médiocrité et empoisonnent l’atmosphère qui régnait entre les patrons et les employés, rendant l’air irrespirable et tuant le climat de confiance qui est souvent très fragile.

Oui, M. Chartrand, il y a des ouvriers mal rémunérés, il y a des femmes qui sont moins bien payées que leurs collègues masculins, il y a des employeurs qui exigent des heures supplémentaires et qui n’offrent pas du temps double. Mais il y a aussi des petites et moyennes entreprises qui devront fermer leurs portes parce qu’un représentant syndical aura miné le climat de travail et qui aura semé la zizanie dans la tête d’employés fiers. Naïfs, peut-être, mais fiers.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire? Les milieux sans syndicat forcent les employés à l’excellence; à la rigueur et à la compétition. Et les trouducs devraient s’abstenir!


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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