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  Société

POUTINE OU TAJINE

Vous vous rappellerez sans doute ce gendre marocain qui a hanté mes chroniques durant quelques années alors que ma fille avait maille à partir avec Immigration Canada. Mon dieu! Tous les efforts que j’ai faits pour qu’il se sente chez lui au Canada! Je me suis acheté des livres de cuisine marocaine, je lui ai cuisiné des couscous avec de la sauce harissa et du cou d’agneau, j’ai fabriqué des pastillas et mitonné des tagines. Mais il préférait les poutines de chez Gérard Patate. Et les pizza de chez Mike’s.

Pierre Foglia a écrit au sujet des immigrants sont meilleur papier, dans La Presse de samedi dernier. Une famille roumaine qui tente de se mêler à la foule québécoise mais que l’école Simone-Monnet s’obstine à identifier à tout prix à la Roumanie. Thomas parle québécois puisqu’il est arrivé ici à l’âge d’un an. Mais son professeur lui a mis un drapeau roumain sur son pupitre même si ses parents lui juraient tous les soirs avant de se coucher qu’il était québécois. Le paradoxe était puissant. À l’école, on voulait que Thomas dise qu’il est roumain, mais on a averti sa mère qu’ici, au Québec, on n’a pas le droit de donner la fessée aux enfants. Et bien quoi? On est roumains ou on est québécois? Décidez-vous!

C’est vrai que notre société est en train de devenir ultra méga interculturelle et que nos écoles voudraient intégrer les enfants aux petits québécois de souche. Mais à l’école Les Enfants du monde, à Montréal, on enseigne la religion juive, la religion protestante, la religion musulmane et la religion catholique, à tous les mercredis matins. Avec prêtre, imam, rabbin et ministre. Comment devenir québécois quand dans une école, on est 87% d’élèves que nos enseignants cherchent à maintenir dans notre propre culture! Comment arborer le drapeau du Québec quand l’enseignante nous force à adopter le pavillon roumain? Comment savoir ce que cette société attend de nous?
Dans les autres sociétés de par le vaste monde, c’est pas compliqué. Tu étudies en Allemagne, tu es allemand. Tu manges des bratwurst et de la choucroute et tu agites le drapeau allemand. Tu vis à Cuba, tu parles espagnol et tu ne dénigres jamais Fidel! Ainsi, personne ne se trompe. Pas un enfant québécois vivant à l’étranger ne se fait coller un drapeau québécois sur son pupitre d’écolier. Tandis qu’ici, les amoureux de la philosophie interculturelle pêchent par excès de zèle. Les cafétérias des écoles primaires à majorité multiculturelle ont modifié leur menu pour plaire à tous les petits d’immigrants. Cherchez ça ailleurs, je vous en prie.
Doit-on s’enorgueillir de notre acharnement à respecter les us et coutumes de nos nouveaux citoyens qui au fond, comme la famille de Thomas Anghel de Montréal, voudraient tellement manger de la poutine et de la pizza et tenir fièrement le drapeau québécois?


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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