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  Société

LES ACCUSATIONS FUSENT

N’avez-vous pas remarqué cette propension générale à l’accusation? À l’ère des psychotoutes, voilà que le citoyen, qui réfléchit à son bonheur et aux moyens de le retrouver si par hasard il est perdu, se met à accuser. Il accuse les prêtres d’avoir abusé de sa candeur 30 ans auparavant. Il accuse les religieuses de l’avoir désigné comme déficient intellectuel pour obtenir plus de subsides. Il accuse les médecins d’avoir prescrit de la Thalidomide. Il accuse son père d’avoir violé sa jeunesse. Il accuse le coach de hockey. Il accuse le gouvernement. Il accuse son ex conjointe. Il accuse ses parents.

Si un tueur en série est débusqué, alors les psychotoutes s’activent. Le pauvre meurtrier a connu une enfance malheureuse, un père absent ou encore un père violent.

Mais, quand c’est que le citoyen va-t-il être tenu responsable de sa propre faiblesse? Quand c’est qu’il va assumer ses choix? T’as pas voulu étudier à l’école et c’est la faute de la société si tu es sur le Bien-Être? T’as trompé ton conjoint et c’est de sa faute s’il t’a quittée? T’as bu la mer et ses poissons et c’est la faute des autres si t’as plus un seul admirateur? Sors-tu de l’armoire aux fifons (le fameux maudit placard)? Les accusations contre un prêtre pédophile justifieraient tout, prétends-tu?


Lorsqu’on soulève les tapis, il arrive qu’on y retrouve une tonne de poussière qu’on y avait balayée au fil des années, non? Quand on cherche, on trouve. On trouve que peut-être, si on a perdu sa job, peut-être est-ce parce qu’une tante a abusé de notre pucelle jeunesse? On trouve que peut-être, si on est angoissé, peut-être est-ce parce que le curé nous a donné ses bijoux de famille à astiquer?

Pourquoi des gens autour de nous qui ont été abusés par leur père, peuvent-ils avoir l’air serein tout de même? Parce qu’ils ont choisi d’oublier. Voilà. Oublier et choisir d’avancer et de réussir sa vie. Les psychotoutes vont vous dire que je suis inconsciente de vous dire ça, mais moi, je pense qu’il faut oublier les curés, les bonnes sœurs, les pères incestueux, les médecins incompétents et avancer. Chercher la lumière là où elle est, et ne plus se vautrer dans la pénombre en tentant de trouver un coupable. Que sert-il de sortir un vieux curé de 82 ans de son bréviaire pour le placer devant des souvenirs morbides alors que déjà, sa vie a été une longue solitude au profit de Dieu le Père?

Au lieu de soulever le tapis et d’y découvrir la poussière, il faut sortir de la pièce et aller respirer dehors. J’en ai pas mal assez de toutes ces personnes qui font vivre les études d’avocats à poursuivre un prêtre vingt-cinq ans plus tard, à débusquer un vieil oncle qui a mis sa main dans notre petite culotte. Je ne dis pas de jouer aux innocents mais à quoi sert de revenir 30 ans en arrière comme les peuples fondateurs qui tout à coup, revendiquent le Québec au nom de leurs ancêtres. Je dis qu’il ne faut pas ignorer les événements qui ont fait de nous ce que nous sommes, mais après se les être bien rappelés, il faut ensuite les oublier. La plus grande punition d’un abuseur c’est de savoir que sa victime l’a oublié et a réussi malgré lui, à être heureux.

J’en ai marre des gens malheureux qui accusent la Terre entière de leur état. Ils continuent à soulever le coin du tapis pour y enfouir leur amertume et ça finit par sentir mauvais.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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