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MAISON HANTéE

La Presse présentait un dossier sur les maisons hantées le samedi 2 novembre. Avec des parapsychologues et des spécialistes en fantômes. Quand ça vient de ma voisine je suis plutôt incrédule mais quand ça vient de La Presse alors, là.
Il faut que je vous raconte ma seule expérience avec les fantômes. C’est une histoire aussi vraie que je m’appelle Francine Allard.

C’était en 1976. Ma copine demeurait dans l’est de Verdun, près de la rue de l’Église et Wellington. Un soir, elle accourt chez moi, tremblante. En entrant dans la maison, la chaise berceuse berçait toute seule et un cadre était tombé. Sa mère était dans tous ses états et Camille qui était étudiante en psychologie, morte de peur. Le lendemain, même stratagème : la chaise s’est mise à bercer toute seule et cette fois, c’est le miroir qui éclata en mille morceaux.

La mère de ma copine appela un prêtre qui s’amena avec son Saint-Viatique et ses fioles d’eau bénite et après avoir procédé à une installation ésotérique, il fit quelques incantations en sommant Belzébuth d’aller voir ailleurs. Le calme revint pour la fin de semaine puis le lundi suivant, les chaises de la cuisine se déplaçaient sur le carrelage et des craquements inusités se firent entendre. Une poussière de soufre dansait dans les rayons du soleil d’après-midi.

La famille fit mander un spécialiste en fantômes. Ce petit monsieur à longues moustaches fit le tour du logement et après avoir enquêté auprès des voisins, il apprit que d’autres manifestations bizarres étaient le lot d’à peu près tous les locataires de ce quadruplex.
Il revint avec deux de ses collègues et conclurent en la présence indiscutable de fantômes.
J’avais 26 ans et j’étais terrorisée. J’étais dès lors certaine que j’étais témoin d’une histoire de possession par le diable. Camille dormit chez moi quelques jours et songeait à quitter le giron familial mais le petit spécialiste lui avait dit que parfois, les gens traînent leurs fantômes dans leurs bagages et qu’elle n’était pas départie des siens pour autant.

Puis, un matin, la mère de Camille reçut une lettre par poste recommandée de la ville de Montréal. La lettre informait les citoyens qu’on creusait le sous-sol de la ville de Verdun pour y installer le métro et s’excusait pour les embarras (poussière, craquements, détonations etc) que cela allait leur causer. Voilà pour les cadres par terre, les chaises qui berçaient toutes seules, la poussière de soufre et les week-ends tranquilles puisque les travaux faisaient relâche.

C’est bien pour dire.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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