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  Société

LETTRE à MADO LAMOTTE

C'est chez mon coiffeur gai que j'ai pu lire ta réplique à tous les articles écrits sur cette émission Tête@kat et ta brillante participation dans ICI. Il a lui-même dénoncé ta chronique.
Quelle intelligence! Quel respect, dis donc! Et tu attends que les Québécois ne soient pas homophobes? Ce n'est pas tant ton homosexualité qui me rend agressive, c'est ta médiocrité. Tu «marches» dans le milieu parce que tu pousses ton personnage au bout, entre le clown et le ridicule. Tant mieux pour toi. Loin de moi l'idée de te le reprocher.
Si tu te souviens, dans La Presse, je t'ai traitée d'homophobe parce que tu as toi-même déclaré à une émission prétendue pour les ados mais immensément regardée par des petits de 8-10 ans, que les lesbiennes ont des gros culs. Voilà l'affaire. Les homosexuels qui, comme toi, ridiculisent eux-mêmes les gais et lesbiennes sous l'égide de l'humour, ne font que renforcer l'homophobie parmi les citoyens du Québec. Et ne va pas croire que je dénonce ou que je suis en train de te bitcher. Mes deux beaufs sont gais et fréquentent ta niche de drag queens à l'occasion. Pour s'amuser. Pas pour s'affirmer. Chez toi, Mado, on va pour épater un ami, pour surprendre un hétéro collègue de travail, pour oublier sa peine, pour ridiculiser les proches qui n'acceptent pas son orientation. Pas parce qu'on est fier de sa différence. Ton personnage de Mado me plaisait bien, pourtant. Mais quand tu dépasses les bornes jusqu'à dire à des journalistes et à des écrivains respectés «de se rentrer un rouleau à pâte dans le c... et que tu prends la peine d'ajouter entre parenthèses (le trou où tu fais caca!), tu viens de renforcer en moi cette homophobie presque inexistante, jadis.

Que tu ne me connaisses pas comme écrivain jeunesse ne m'étonne pas. Parce que je suis écrivain pour tous les publics. Défense et illustration de la toutoune québécoise, tu connais sans doute? J'ai voulu moi aussi, jouer au clown pour dédramatiser une forme de rejet encore pire que celle vécue par les homosexuels: les gros.

Je vais dans les écoles rencontrer les jeunes à l'année longue et laisse-moi te dire que les jeunes homosexuels qui vivent une relation honnête, qui n'ont pas besoin de se déguiser en fille (compagne de vie pourtant rejetée) pour se faire accepter, qui ne se rendent pas au défilé Moumoune Power, sont saprement plus heureux que les jeunes obèses qui eux, n'espèrent rien du tout.

Et pourtant, tu t'en moques en masse dans tes textes et dans tes shows.

Je termine en te disant que je pense que ton personnage est essentiel, pour illustrer le ridicule de plusieurs membres de la communauté gaie. Je continuerai à prétendre que les gens heureux ne doivent pas avoir d'histoires et que toi, par définition, tu pourrais aider ceux qui en pâtissent.

Je me surprends que ICI, et Robert Lévesque surtout, puissent accepter tes chroniques bâtardes et si ridicules.

Je ne dirai pas de te rentrer ton rouleau à pâte dans l'anus puisque ça te ferait sans doute plaisir.

Francine Allard



Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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