Retour à l'accueil

  Littérature

LES éCRIVAINS DE SOUS-SOL

Monsieur Lafontaine a l’invective facile. Les écrivains de sous-sol ou les auteurs inconnus ne sont pas ceux qui souffriront des compressions budgétaires du gouvernement Charest. Ce sont les créateurs talentueux qui en pâtiront; ceux qui auraient besoin de bourses à la création; ceux qui aimeraient visiter les écoles; ceux qui écrivent de la poésie, infante pauvre de la littéraure. Vous dites ne pas avoir été informé de cette assemblée du 22 février? Je ne vous connais pas, mais si vous aviez été écrivain membre de l’UNEQ, on n’aurait pas cessé de vous en parler. Ce que je n’ai pas dit dans mon précédent commentaire, c’est qu’il y avait des centaines de gens de théâtre, de gens de la danse, des arts visuels et des étudiants à l’UQAM. Mais six écrivains.
Ils sont solitaires, dites-vous?
Le voilà le problème. Les écrivains solitaires et silencieux oublient qu’un livre est un objet de consommation et que les éditeurs ne peuvent pas faire tout le boulot. Il faut que l’auteur se fasse connaître. Et cela ne se fait pas en compressant le budget de la culture de 35$millions.
Je suis en région, M. Lafontaine. Je ne suis pas trop à plaindre non plus car je vis presque de mon unique métier qui est l’écriture. Mais je crois qu’il faut de la solidarité pour conscientiser le gouvernement.
En fait, j’habite Oka. Vous connaissez? On dit parfois Kanesatake. Un bien bon endroit pour apprendre à bloquer les routes pour faire réagir le gouvernement. C’est peut-être chez nous que j’ai appris à me préoccuper de mes semblables, d’aller endurer des discours plates et d’ainsi quitter mon sous-sol.
Mais vous avez raison. Le FORUM de l’UNEQ est un champ de baseball vide, une ruche abandonnée; pourtant une merveilleuse tribune. Puis, oui, les écrivains sont bien solitaires. Et résolument égocentriques.





Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
2020 © Francine Allard.com. Tous droits réservés.


Retour en haut