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  La famille

FêTES DES MèRES OU DES GARDIENNES?

Je ne sais pas pourquoi on célèbre la Fête des Mères alors qu’on en a plus des vraies. Notre mère demeurait à la maison et tenait le fort. Et pas question de salaire pour aimer et bichonner ses enfants! Elle était vraiment la gardienne de notre enfance et sa présence stable nous procurait une sécurité indiscutable. Voilà, le mot est lancé : sécurité. Cette notion est justement celle qui manque aux enfants actuels. Papa et maman vont-ils être encore ensemble demain? Est-ce que le chèque va durer au delà du 15 du mois? Est-ce que je vais manger demain? Est-ce que quelqu’un va écouter ma grosse peine? Est-ce que je pourrai m’isoler lorsque j’aurai peur d’un autre enfant à la garderie?

Je ne sais pas pourquoi on célèbre la Fête des Mères alors qu’on devrait plutôt célébrer la fête des gardiennes? Ou celle de Mme Qualité-plutôt-que-quantité? Que restera-t-il à nos enfants de leur enfance? Des effluves épicés de gâteau? Pas le temps de cuisiner. Des personnages des livres de contes? Pas le temps de lire des histoires. Des moments merveilleux à se balancer au soleil en plein milieu de l’après-midi alors que les draps flottent sur la corde à linge? Les chaudes consolations lorsqu’on s’est écorché les genoux sur l’asphalte?
Je ne sais pas pourquoi…

Mais pour rire, je vous offre les souvenirs d’une enfance dorée.
Ma mère m’a enseigné la propreté:
« Allez vous entre-tuer dehors, je viens de finir de laver mon plancher!»
Ma mère m’a appris la piété :
« Fais ta prière parce que je vais te donner une volée!»
Ma mère m’a appris la logique :
« Parce que je l’ai dit, un point c’est toute!»
Ma mère m’a enseigné l’amour paternel :
« Attends quand ton père va arriver!»
Ma mère m’a enseigné la prévoyance :
« Mets des caleçons propres au cas où tu te ramasserais à l’hôpital!»
Ma mère m’a appris l’ironie :
«C’est ça, continue à rire pis je vais te donner une maudite bonne raison de brailler!»
Ma mère m’a appris le paradoxe :
« Ferme ta trappe pis mange!»
Ma mère m’a enseigné la magie :
« As-tu vu la crasse que t’as dans le cou, en arrière?
« Tu restes assise jusqu’à ce que tes épinards aient disparu de dedans ton assiette!»
Elle m’a aussi appris son rôle important :
« Je t’ai mise au monde, ma petite fille, je peux te faire disparaître itou!»

Bonne fête des mères.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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