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LES ENFANTS PAUVRES

Chaque fois que j'entends qu'il y a de plus en plus d'enfants pauvres au Québec, je me rappelle mon enfance. Je gagnais 0,25$ par semaine. Étais-je pauvre? Mon père, petit commerçant, gagnait respectablement sa vie. Jamais on ne disait que les enfants étaient moyennement riches à cette époque.

J'ai plusieurs amis qui possèdent un dépanneur et chaque fois que j'entre dans l'un des milliers dépanneurs du Québec, je jase avec la caissière de la pauvreté. Parce que dans un dépanneur, le pot de mayonnaise est parfois 2$ de plus cher que lors des soldes chez IGA.
Tout y est plus cher.
Et alors, les assistés sociaux, le premier du mois, spottent un dépanneur de quartier et lui demandent de changer leur chèque. Certains propriétaires de dépanneur chargent 70$ pour changer un chèque du BS. Et la dame (surtout) doit accepter de faire son épicerie sur place.
Il lui coûtera 30% plus cher.
Et savez-vous ce que m'ont raconté la plupart de mes amis dépanneurs? La même dame, vers le 20 du mois, dépose sur le comptoir un sac de lait, un pain blanc tranché, le Lundi, une cartouche de cigarettes et une caisse de bière.
Mais il vous manque 7,24$ dira le dépanneur. La même dame va repousser le le sac de lait et le pain tranché.
Ils déjeuneront à l'école, dira-t-elle.
Je viendrai chercher du lait quand j'aurai mon tchèque.
Vous croyez que c'est une histoire romancée? Demandez donc à votre dépanneur du coin.
Je récidive: des coupons d'épicerie pour tous les assistés sociaux avec obligation de les dépenser dans les grandes épiceries. Note: non échangeables contre de la bière, des cigarettes et des billets de loterie.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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