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  La famille

MON PèRE, CE SALAUD!

Il y a des années que je reçois des courriels de membres de l’Après-Rupture. Ce groupe de pères de familles évincés, effacés, rayés de la vie de leurs enfants par des femmes qui en ont eu marre. Suis-je donc la seule femme que ces plaintes de loups blessés arrivent à toucher?

Qu’y a-t-il de si politiquement incorrect pour que les ministres, les juges, les journalistes aient si peur de parler de la tyrannie des femmes? Pourquoi suis-je si différente pour accorder aux hommes divorcés le droit inaliénable de voir leurs enfants? Pourquoi suis-je si frustrée lorsque je vois une de mes copines exagérer, souvent sous les conseils de son avocate, afin de ternir l’image du père aux yeux de ses enfants? Pourquoi un homme qu’on a aimé jusqu’aux sanglots perd-il soudain toute capacité d’aimer son fils ou sa fille parce qu’une crise survient au sein d’un couple? Pourquoi la femme conserve-t-elle l’exclusivité de l’éducation et de l’amour des enfants?

Si seule la femme possède la compétence pour élever les enfants, pourquoi alors le gouvernement donne-t-il la permission légale à un couple d’hommes homosexuels d’en adopter ? Ce sera une catastrophe sociale si l’on pousse ce théorème jusqu’au bout.

Révisons la situation. Un couple s’aime d’amour tendre et vit lové autour de trois enfants. Soudain, une crise éclate. Trois fois sur cinq, Monsieur trompe madame. Elle se sent bafouée. Comme elle n’est souvent ni l’autorité, ni la pourvoyeuse, elle cherche désespérément un moyen de faire payer à Monsieur ses frasques. L’empêcher d’être aimé par ses enfants. Le salir, le broyer, l’anéantir. Deux moins deux égalent zéro. Je ne comprends pas. Pourquoi un homme qui a été un bon père durant 15 ans devient-il une merde dès qu’une crise survient entre lui et sa femme? Pourquoi, surtout, la mère conserverait-elle ses talents d’éducatrice alors que, terriblement frustrée, elle s’emploie à des travaux de démolition à la journée longue?

Le gouvernement n’a qu’une solution : la médiation. La médiation qui ne perdra jamais de vue le bonheur des enfants UNIQUEMENT. Des médiateurs et pas des avocats. Des médiateurs parmi les couples unis de ce pays, par exemple. Des couples qui peuvent aider les couples divorcés et leurs enfants à passer sainement à travers, sans s’entre-tuer.

Je rêve, vous savez bien.

Un grand-père s’est adressé au Directeur de la Protection de la Jeunesse pour empêcher son fils et sa bru de fumer en présence de leur bébé de 8 mois. Les journaux en ont parlé. Et bien alors? Que tous les grands-parents de familles divorcées se donnent la main et s’adressent au DPJ pour empêcher leurs fils et leurs filles de faire mal aux enfants.
Et que cesse le despotisme des femmes.
Et que cessent les larmes des enfants.
Et que vienne la justice.
(Publié dans La Presse le 6 août 2002)


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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