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  La famille

LES PèRES

Dans mon œuvre, j’ai moult fois célébré le père présent. Le père que fut le mien et aussi celui que j’ai donné à mes enfants. Dans mes chroniques quotidiennes (www. matin.qc.ca) , je ne l’ai pas oublié non plus. Depuis quatre ans, je célèbre le père présent, le père attentif, le père tendre. J’ai vilipendé le père violent. Le père absent. Mais j’ai aussi conspué la femme despote qui, de plus en plus, à l’abri d’un féminisme réactionnaire, retire subtilement l’idée même du père de la tête de ses enfants dès que survient une séparation. Insidieux lavage de cerveaux innocents.

Lorsque j’ai compris le ravage que l’absence du père était en train de créer chez les adolescents québécois, j’ai tenté de parler à mes consoeurs. J’ai questionné la désormais affaire Fabienne Brin. Pourquoi Marc Habib Eghbal était-il coupable d’avoir enlevé Sara alors que des milliers de mes congénères féminines enlèvent leurs enfants à l’année longue sans que la justice n’ait la moindre réaction? Pourquoi un homme n’a-t-il pas le droit de voir ses enfants dès qu’il cesse d’être un bon amant pour sa femme? Pourquoi un homme qu’on a chéri passionnément et qui a été jusque-là un bon père, devient-il un crétin immonde, dangereux et violent dès que survient la grogne dans le couple? Pourquoi le balancier, retenu par les féministes enragées, ne revient-il pas du côté des hommes pour s’immobiliser au milieu de leurs différences? Pourquoi les femmes ont-elles le droit de ne compter que sur une pension monétaire de leur ex conjoint qui lui, doit payer sans avoir le droit de voir ses enfants? Et, question ultime : si, comme le prétendent les psys de tout acabit, seules les femmes possèdent la structure affective pour s’occuper des enfants, pourquoi accorderait-on le droit aux homosexuels d’en adopter?

Toutes ces questions, suis-je la seule à me les poser et à les poser aux divers gouvernements? Dans les différents médias au Québec, on n’interroge pas le féminisme. On ne risque pas sa réputation en semant pareilles interrogations. On fait la sourde oreille au désespoir des hommes. On ne se recueille pas sur les milliers de suicides masculins causés par le déni de leur paternitude. On ne cherche pas non plus à modifier nos gestes. On se tait, c’est tout. Au Québec, les médias retournent les lettres d’opinion des lecteurs qui questionnent le despotisme des femmes et la mesquinerie des avocats. Les journalistes refusent d’ouvrir un œil sur les desperados que sont devenus les hommes depuis que leurs compagnes ont découvert qu’elles peuvent vivre sans eux. Qu’elles peuvent désormais créer la vie sans eux. Qu’elles peuvent nier jusqu’à leur existence.

Je ne veux pas entrer dans ce pattern. Je ne peux pas.

Parce que mon expérience personnelle me démontre un homme qui est un père précieux pour mes trois enfants. Un homme qui m’admire tout en grognant de temps à autre parce que le potage est trop salé. Un homme qui m’offre de la tendresse sans toujours songer à son propre orgasme. Un homme qui soigne mes blessures sans jamais me juger cruellement. Un homme qui a été capable de garder du temps (il est médecin) pour nos égarements de couple sans pourtant négliger sa présence auprès de nos trois enfants. Un père qui, pour combler ses absences professionnelles, a su accorder tant d’importance à un geste, à un dessin, à un rire. Un père qui ne juge pas. Qui ne rugit que parfois. Et qui n’a jamais mélangé l’amour de ses gosses avec celui qu’il porte à leur mère. Mon mari est heureux avec moi et je suis heureuse avec lui à cause de l’admiration mutuelle et de l’humour omniprésent, deux des conditions essentielles pour qu’un couple traverse les orages et les tempêtes. Des concepts désuets qui appartiennent aux couples rétrogrades? Pas une miette. Des concepts réels basés sur de nombreuses études que l’admiration mutuelle et l’humour! Essayez, ça fonctionne.

Mais ça ne m’empêche pas de souffrir de ce que me reflète la société féministe, elle qui n’a d’autre cible que de se servir de ses enfants pour punir les hommes. Ce sont justement les enfants qui souffrent. Et tous ces fils qui seront les hommes de demain, comment seront-ils alors que les mères auront exprimé de leur tête l’idée même du père?


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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