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  La famille

PEUT-ON PARDONNER?

Depuis environ un an, je reçois énormément de courrier en provenance de l’Après-rupture, cette association d’hommes séparés surtout de leurs enfants. A cette voix, s’ajoute souvent celle de l’association des femmes «seconde conjointe». Ou troisième. Ou quatrième. Ces femmes semblent démontrer une ouverture d’esprit hors de l’ordinaire. Ça me rend mal à l’aise. Parce que moi, les deuxièmes conjointes que je connais ont tout fait pour que leur amant se sépare de sa femme. À part de rares exceptions, la «deuxième» a été à la source de la guerre entre leur nouveau chum et leur ex-femme. Je sais qu’il ne faut pas accuser ces femmes qui ont «ramassé» un pauvre homme qui était malheureux avec sa conjointe (ne le sont-ils pas tous quand on les rencontre pour la première fois dans un bar?), qui doivent «endurer» les enfants qui viennent passer la fin de semaine à tous les 15 jours, qui ont le grand défi d’être meilleure que la première, sans dire de conneries devant les enfants du conjoint, en les aimant comme s’ils étaient les siens.

Je ne suis pas à l’aise avec les associations de nouvelles conjointes qui viennent parler du bonheur des enfants.

Je ne suis pas à l’aise avec le fait qu’elles se prononcent haut et fort pour que leur chum puisse voir ses enfants, justement parce qu’elles seront toujours une étrangère pour ces enfants-là. Parce qu’elles cherchent à remplacer leur mère dans la vie familiale avortée. Parce que les femmes extraordinaires qui savent rester à leur place, c’est-à-dire, se contenter d’être la blonde de papa, celles-là n’ont pas besoin de se regrouper en association.

Quand comprendrons-nous qu’un couple avec enfants qui se sépare, et surtout qui remplace le conjoint ou la conjointe par une personne prétendument plus conforme que la première, ne pourra jamais rendre des enfants heureux. Oui, il y a des exceptions. Mais il faut aller dans les écoles pour constater le désastre. Il faut s’imprégner de la littérature jeunesse pour constater avec amertume que la majorité des parents dans les histoires, sont séparés et que chaque fois, les enfants dans ces mêmes histoires sont extrêmement malheureux. Il faut voir ce que la vie de couple signifie pour tous ses enfants qu’on a abandonnés. Et l’estime de soi. Et la hargne qu’ont semée les conjoints séparés dans la tête de leurs enfants.

Je n’ai qu’un vœu pour 2003. Consultez! Consultez les psychologues spécialisés en matrimoine (je viens d’inventer un mot). Parlez avec vos amis qui ont de belles relations de couple. Et pour l’amour de vos enfants, pardonnez! Et dites-vous que ce n’est jamais mieux ailleurs puisqu’il est prouvé que la plupart ira résolument vers le même genre de conjoint(e).

Oui, pardonnez. Il n’y a rien de mieux que cette notion désuète pour rendre l’Homme semblable à Dieu. Et pour rendre sa noblesse à n’importe quel cocu.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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