Retour à l'accueil

  Cinéma-théâtre-spectacles

LE PARFUM QUI PUE

Sommet sur la Culture de la nouvelle ville de Montréal. Souper chez Toqué. Spectacle à la salle Maisonneuve. Chaque fois, je tombe sur une personne qui se surparfume. Pas un parfum subtil, non! Un maudit parfum qui masque toute odeur corporelle et qui tue l’air ambiant. Un parfum qui résiste à l’ail ou à la fumée de cigarette. Un parfum qui camoufle la sueur d’un dessous de bras de lutteuse. Un parfum de chez PJC en spécial à 7,95$. Une eau de Floride mêlée à du sent-bon aux pêches pour les salles de bains. Un Muguet accompagné de sa crotte de chien. Un Avon additionné de Raid. Un Poison qui fait mourir son voisin à petit feu. Une Fleur de Rocaille qui dégèle au printemps. Un Chanel no.9 qui agonise au 18ème trou. Un Paco Rabane sur une feuille d’assouplissant President’s Choice. Un Davidoff vaporisé sur un petit sapin de rétroviseur de char. Un Cabotine répandu dans l’entre-cuisse d’un lutteur Sumo!

La modération ayant meilleur goût et meilleur pif, il faut avoir un peu de considération pour les gens qui payent quasi 200$ dans un resto pour humer le caramel d’un rôti de chevreuil. Il est alors inacceptable de s’asperger d’un parfum qui tue le génie culinaire de Daniel Vézina. Les théâtres devraient se munir d’un renifleur informatique pour sentir les spectateurs avant leur entrée car, être assis à côté d’une femme qui sent le parfum de la rangée AA à la rangée Z, vaut un billet gratuit pour le prochain spectacle. Un mauvais parfum exhalant la chaudrée de palourdes oubliée sur le comptoir peut être aussi indésirable que la fumée d’un mauvais cigare. Et pourtant, la plupart des restaurants refusent le cigare entre leurs murs. Ils ne devraient pas non plus accepter l’odeur de la poupoune incendiaire qui vous fait friser la moustache sur son passage. Sinon, moi, je vais m’asseoir ailleurs.

Si vous êtes comme moi sensibles de la narine, exigez que les personnes trop parfumées soient placées derrière les ventilateurs. Ou dites à haute voix : « Maudit que ça sent fort le parfum ici!». ou encore : «Il y avait une vente dans les parfums chez La Baie». Ou plus fort encore : « Y’ont-y oublié de sortir les vidanges?» quand vous passez à côté d’ELLE.

Et pour les messieurs, surtout pour les travailleurs de la construction, ne mélangez pas le Brut 33 et l’Aqua Velva quand il n’en reste presque plus dans les bouteilles. NE choisissez pas les eaux de toilette dans le sens littéral du mot. NE choisissez pas les lotions après-rasage pour drag queens sur le retour. Ni le parfum annoncé dans le magazine Sortie gaie. NE choisissez pas non plus le fameux English Leather parce qu’il se portait en 1960. Portez votre choix sur une cologne citronnée précédée d’un savon pour hommes à odeur épicée. Et, s’il vous plaît, pas d’Eau de Floride pour vous! Pour tous, n’oubliez pas : subtilité, parcimonie. Quelques poushes suffisent.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
2020 © Francine Allard.com. Tous droits réservés.


Retour en haut