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  Cinéma-théâtre-spectacles

LES COMPèRES DE WINDSOR

La critique a été unanime : la pièce de Shakespeare Les joyeuses commères de Windsor a été un succès bœuf. Curieuse, je suis allée au Théâtre du Nouveau Monde. Nous étions cinq de mon équipage. Deux sont sortis à l’entracte; trois sont restés jusqu’à la fin. Pour être certains de ne pas se tromper. Je suis restée.

Je n’ai pas compris que les critiques aient encensé cette pièce, mise en scène par Yves Desgagné, en tenant compte de la personnalité de Rémy Girard qui tenait le rôle principal de Falstaff.

J’ai détesté cette pièce qui alliait l’époque de Shakespeare et notre bon théâtre des Variétés. Mais j’ai adoré le jeu des comédiens. Ils étaient plus grands que la salle, touchant presque le ciel nuageux d’un jeudi pluvieux. Pierrette Robitaille parlait une langue soignée mais son jeu de comédienne de variétés avait moins sa place même si elle a fait crouler la salle de rire plus souvent qu’à son tour. Benoit Girard arpentant l’immense scène avec sa marchette de vieillard faible valait à lui tout seul le déplacement. Et aussi Julie Vincent et Nathalie Gascon, en commères, qui ont étonné par leur interprétation remarquable. Et Jean-Pierre Chartrand, Normand Chouinard, que j’aime toujours retrouver au théâtre tant ils sont simples et complexes à la fois. Mais, ce rôle inquiétant que tenait Emmanuel Bilodeau était tellement ridicule que la pièce menaçait de s’écrouler à tous les tournants.

J’ai détesté Les joyeuses commères de Windsor à cause de la faiblesse de ses intentions. À cause aussi de la dernière scène qui était loin de celle qui s’est passée en Terre Sainte. Une scène de fornications toutes plus ridicules les unes que les autres et qui rendaient les spectateurs franchement et visiblement mal à l’aise. Une scène qui était de trop.

Alors, la prochaine fois que les critiques seront unanimes au sujet d’une pièce, méfiez-vous. Elles le sont pour divers motifs et celui d’encenser les petits copains, en est un des plus pervers.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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