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  Santé

QUAND IL EST MORT LE PéPèRE

Le grand-père meurt à la suite d’une gastro-entérite alors que ses enfants l’avaient «placé» en centre hospitalier de soins de longue durée (nouvelle appellation pour «foyer» ou «centre d’accueil»). La famille veut une autopsie. Le patient avait 81 ans.

Pourquoi je vous en parle? Parce que je me suis demandé pourquoi une famille, qui a choisi de livrer son vieux père à la société hospitalière, décide tout à coup de demander une autopsie pour connaître les raisons d’une mort annoncée. Et aussi parce que j’ai appris que dans les CHSLD du Québec, les autopsies sont aux frais de la succession. Les enfants doivent trouver eux-mêmes un pathologiste qui acceptera de faire l’autopsie sur une personne âgée morte en centre d’accueil, puis ils devront assumer les frais encourus. Et ils crieront à l’injustice, sûrement.

Pourquoi, en effet, paierait-on pour des frais médicaux servant à expliquer la mort explicable d’une personne âgée de 81 ans, si ce n’est que pour se déculpabiliser? Je crois que les enfants de cet homme cherchent désespérément à se déculpabiliser en trouvant une raison autre que leur abandon. Que leur désintéressement. Je le crois, oui.

La mort d’un proche est toujours plus facile à accepter quand c’est la faute de quelqu’un d’autre. Quand on peut blâmer les infirmières et les médecins de ne pas avoir soigné pépère convenablement. Je le crois, oui.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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