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  Cinéma-théâtre-spectacles

IRMA LA DOUCE

Peut-être qu’au moment où vous lirez ces lignes, Irma-la-douce aura quitté le TNM.
Mais je dois absolument vous parler de ce spectacle que j’ai jugé parmi les meilleurs de la dernière décennie. C’est sûr qu’avec une mise en scène de Denise Filiatrault, on pouvait s’attendre à du beau, à du flyé. Pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, je vous la résume. Nestor le Frippé, qui est un type comme il faut, tombe amoureux d’une prostituée. Il est tellement jaloux de ses clients qu’il se déguise en monsieur Oscar et lui offre 10 000 balles par jour à la condition qu’elle n’accepte que lui comme client. Pour arrondir les fins de mois, monsieur Oscar, le substitut du Frippé, doit cirer les parquets. N’en pouvant plus de faire l’amour deux fois par jour, puisqu’il est à la fois le client le jour et l’amoureux le soir, Nestor le Frippé assassine M. Oscar. S’ensuit un procès pour meurtre, puis des travaux forcés à perpète pour le Fripé jusqu’à ce qu’il s’évade et redevienne M.Oscar pour prouver l’innocence du Frippé. Irma l’a attendu en cessant ses activités de prostituée et lui a offre des jumeaux. Fin.

Histoire compliquée? Pas vraiment. Mais il faut voir les magnifiques décors mobiles de Raymond Marius Boucher. (On a droit à un feu d’artifices étonnant). Il faut entendre les belles voix, le jeu magnifique de Serge Postigo et de Karine Vanasse. Mais je veux ici rendre un hommage vibrant à un comédien qui m’a envoûtée littéralement : Martin Larocque. Ce comédien qui a commencé sa carrière dans des annonces du Journal de Montréal puis qui s’est fait connaître dans Virginie en lutteur sumo, m’a tellement bouleversée que je ne l’oublierai jamais. Parce qu’il est carrément génial dans Irma la douce. Son poids ne le dérange pas. Il danse, il séduit, il est le centre de cette pièce. On ne voit que lui, je vous le jure. Et puis il y a l’extraordinaire Ghyslain Tremblay, qui malgré qu’il pourrait obtenir sa carte de la FADOQ, demeure toujours aussi jeune, l’heureux homme. Il faut le voir dans le rôle de l’avocat du Frippé. C’est phénoménal. Chaque geste a été étudié. Chaque mot a été pensé. Cette pièce est un exemple d’équilibre entre le burlesque et le théâtre classique. Les comédiens savent chanter et ils dansent tous avec un talent fou. J’ai aussi adoré Fabrice Fara qui parle avec l’«assent» du midi avec aisance et qui contraste avec la grandeur du moins intéressant O’Neill Langlois. Joël Legendre incarne une espèce de tapette excentrique qui a peur de tout. On l’aime. Je ne nommerai pas tous les comédiens, mais sachez qu’ils sont tous à peu près excellents.

Alors, ne ratez pas l’occas. Malgré l’argot parisien d’un autre siècle, vous serez fiers de ne pas avoir manqué Irma la douce au TNM, rue Sainte-Catherine.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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