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  Société

À BAS LES GHETTOS!

En 1998, j’ai moi-même présenté mon amie Anne-Marie Homère au grand prix des Communautés culturelles du Québec parce qu’elle avait su s’intégrer à notre communauté en prenant soin de la santé mentale de ses nouveaux concitoyens québécois. Anne-Marie n’avait pas fondé une communauté haïtienne dans notre région comme la plupart des bénévoles haïtiens honorés par ce prix. Elle s’est intégrée, minorité très visible parmi les citoyens de Saint-Eustache, en fondant un atelier d’intervention en santé mentale.

La semaine dernière, je siégeais à une table de concertation en vue du Sommet sur la culture de la nouvelle ville de Montréal et de ses arrondissements. Sujet? La mission des bibliothèques. Les participants aux divers ateliers ont fait ces propositions et parmi elles, il y en a une qui m’a paru immensément farfelue : pour faire lire les communautés culturelles, offrons-leur donc des collections de livres dans leur langue maternelle, en chinois, en polonais, en allemand! Je n’en revenais pas. Nous sommes rendus là, mes amis. Les immigrants vont venir au Québec et au lieu de s’intégrer, d’apprendre le français et de lire des livres en français, des bibliothécaires proposent qu’on leur offre des livres dans leur langue maternelle. C’est un parfait scandale, à mon avis. Ce n’est pas par là que passe l’intégration. Et à force de prêchi-prêcha, les tenants de la charité chrétienne, les bonzes de la compassion vont faire en sorte que le Québec va se faire manger la laine sur son dos de légendaire mouton.

La semaine passée encore (c’était ma semaine de secousses sismiques au niveau de mes valeurs sociales), j’étais dans une école de la Commission scolaire de Montréal. Une école francophone, j’entends. Un enseignant portait le kippa, chapeau des Juifs, pour enseigner à des enfants de toutes religions. Je me suis étonnée. Je n’étais pas dans une école juive mais dans une école francophone québécoise. Dans cette école, au lieu de laisser tomber toute religion et de laisser les parents s’occuper de ça à la maison, le mercredi matin de 8h15 à 9h10 est consacré à l’enseignement religieux : dans une classe, un rabbin enseigne la religion juive, dans une autre, un ministre protestant enseigne la religion protestante, dans l’autre le catholicisme et dans une autre encore, l’enseignement moral est dispensé.

Dans cette école, encourage-t-on l’intégration des immigrants qui sont à plus de 80%? Pourquoi ne pas enseigner la morale à tout ce beau monde et pourquoi les parents ne s’occupent-ils pas eux-mêmes des valeurs religieuses de leurs enfants? Les enseignants sont constamment sur les épines : il ne faut parler ni de Noël, ni de Pâques. Il faut accepter que les uns ne mangent pas durant le ramadan, que celui-là porte un poignard à la ceinture et que les autres demandent des dispenses pour telle ou telle raison.

Comment peut-on parler d’intégration sans tout de suite brandir la question du racisme? Les gens ont tellement peur de passer pour des racistes que plus personne ne veut prendre les mesures pour assurer l’intégration des immigrants. On appelle ça le syndrome Parizeau. Il y a ainsi quelques sujets dont on ne peut plus discuter sans se faire lyncher : la place prépondérante des homosexuels dans notre société, et l’intégration des immigrants.

En Ontario, on a banni le port du kirpan dans les écoles. Aucun procès n’a eu lieu par les sikhs ontariens. Ici, au Québec, la communauté sikhe intente un procès en cour supérieure parce qu’une école a refusé qu’un élève vienne à l’école avec un poignard à la ceinture.
Comme dirait Clémence : déménager ou rester là?

Je suis pour l’intégration à tout prix. Je célèbre souvent l’apport des autres communautés culturelles dans notre société ouverte aux quatre vents. La cuisine indienne ou thaï; les vêtements de soie et le feng shui; les lampes en papier de riz et la gentillesse des N’Guyen. Mais nous devons à tout prix protéger notre propre culture et ne pas céder à l’assimilation par les autres. Tous les pays du monde ont déjà compris ça! Je me vois en Iran le 24 juin décréter que j’ai le droit de boire du Caribou parce que c’est la Fête Nationale des Québécois! Ou me promener en maillot de bain sur les plages d’Arabie Saoudite sous prétexte que chez nous, ça se fait couramment.

Le véritable racisme, mes amis, est exercé PAR les communautés culturelles immigrées au Québec qui n’acceptent pas de respecter nos coutumes. Ils préfèrent former des ghettos et revendiquent des droits. Rien que des droits. Parce qu’ils connaissent notre mollesse légendaire. Notre charité judéo-chrétienne d’une autre époque. Notre innocence.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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