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  Société

BRûLER OU DISPARAîTRE POUR TOUJOURS

L’autre jour, je discutais avec ma copine Nicole de l’avenir du monde. Et nous avons parlé de nos funérailles, comme de n’importe quel sujet entre filles. «Moi, je ne veux pas être incinérée», m’a-t-elle affirmé. «Pourquoi, lui ai-je demandé. C’est plus écologique. Pas besoin de vers, toi qui n’as jamais aimé la poésie. Pas de trouble pour la famille : une petite carafe ancienne avec nos cendres dedans et c’est tout».

Je me suis ensuite rappelé ma fille qui a un copain qui travaille chez Bourgie. Il a dit qu’on incinère une fois que le nombre de cadavres est atteint. On incinère plusieurs morts à la fois. Tout le monde tout nu! Et que dans l’urne, tu as un peu de maman, un peu de la voisine, un peu de l’itinérant du coin de la rue. C’est ce qu’a juré le copain de ma fille.

Mon amie Nicole est contre l’incinération. Si on incinère tous les habitants de cette planète, on aura du maudit bon compost mais comment feront les chercheurs du futur, advenant une guerre nucléaire, pour étudier notre dentition, faire des coupes de nos ossements, étudier notre ADN. Comment analyser nos restes pour en savoir plus sur notre civilisation, si on brûle tout le monde?

Nicole a raison. Si l’incinération avait été à la mode il y a des siècles, comment aurait-on pu étudier l’homme de Cromagnon et toute sa famille? Comment on aurait su d’où nous sommes partis? Alors, pas d’incinération pour moi. Je veux qu’on puisse étudier mes restes plus tard et dire comment vivait l’écrivain du 21ème siècle. Pour une fois que je pourrai être un petit paquet d’os!


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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