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  Société

DES SOUMIS ET DES HOMMES

On ne pouvait pas s’imaginer que quelqu’un n’aille pas à la messe le dimanche. La pratique de la religion judéo-chrétienne était une priorité. Puis des gens sont venus nous dire que, bon, c’était des histoires à ma grand-mère tout ça. Que les prêtres et Duplessis nous avaient gardés dans la noirceur et qu’il nous fallait être modernes. Les Églises se sont vidées. Pourtant, des grands penseurs se sont aperçus que sans cette insondable spiritualité si nécessaire à l’équilibre, les Hommes perdaient une dimension essentielle pour être heureux et nobles.
Dès lors, ceux qui brandissent le mot spiritualité sont perçus comme de sinistres quidams, quétaines et soumis. Des amateurs d’Évangélisation 2000. Des dévots accrochés aux bénitiers des temples catholiques. Des bigots et de sains nabots. Alors, on ne parle désormais plus de religion. Voyez-vous ça!

On ne pouvait pas s’imaginer qu’un couple se sépare. «Ce que Dieu a uni». Les couples en difficulté consultaient les prêtres, certains allaient même voir des conseillers maritaux puis, reprenaient les manchons de la charrue. Puis des gens sont venus nous dire que, bon, il faut être bien dans sa peau et qu’endurer une relation inefficace (le mot est des psys), c’est des histoires à ma grand-mère. Les familles se sont vidées. Et dès que quelqu’un de bien pensant raconte que les enfants souffrent terriblement à cause du divorce de leurs parents, et ce, peu importe l’âge des enfants, il est perçu comme un illuminé.
Dès lors, ceux qui vivent encore ensemble, malgré les moments difficiles, passent pour de sinistres quidams, quétaines et soumis. Alors, on ne parle désormais plus du couple hétéro.

On ne pouvait pas s’imaginer qu’un homme soit homosexuel. Les gais étaient examinés à la loupe et leur affection était décrite dans le dictionnaire médical. Puis des gens sont venus nous dire qu’il ne faut pas vivre contre sa nature et d’affirmer son homosexualité est sain et nécessaire. Puis, ils sont revenus pour nous dire que malgré leur refus de la dimension initiale du «couple», les homosexuels ont le droit d’avoir des enfants, d’en adopter et aussi de divorcer. Et dès que quelqu’un parle d’une possibilité d’inconvenance, il est perçu comme un bourreau.
Dès lors, ceux qui sont hétérosexuels, malgré les moments ardus, passent pour de sinistres quidams, quétaines et soumis. Alors, on ne parle désormais QUE du couple homosexuel.

On ne pouvait pas s’imaginer que la civilisation soit ainsi devenue l’antre de l’égoïsme. Que des milliers de psys soient venus nous parler du MOI, du JE avec autant d’insistance. Nous sommes passés au mode altruisme, celui du début du christianisme, à une dimension égocentrisme. Évidemment que lorsqu’on pense qu’il n’y a rien de l’autre côté de la vie, on veut être bien certain de vivre une existence entièrement à notre goût!

Les gens n’en ont rien à foutre des bonnes âmes qui tentent de les sauver. Je m’en aperçois chaque jour. Ma chronique tente seulement de faire réagir, de faire réfléchir. Je me tiens souvent à contre-courant, comme un saumon qui tente de perpétuer la vie au risque de la sienne. Je suis anticléricale, pourtant. Et je suis trop de droite, me disent certains. Comprenez-moi : je ne suis pas divorcée, ni homosexuelle; et parfois je me sens si distante de notre société actuelle. Pourquoi? Parce qu’à force de tolérance, nous sommes désormais à l’heure des couples libres, des personnes sans valeurs, d’enfants révoltés, de la guerre, des règlements de compte, et de la célébration de la médiocrité.

C’était ma chronique prêchi-prêcha pour Pâques.
À bientôt, mes cocos.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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