Retour à l'accueil

  Éducation

LAISSEZ LA SEXUALITé AUX JEUNES!

L’apprentissage de la sexualité, l’affaire des jeunes!
Francine Allard, écrivaine

Je lisais avec horreur dans une revue médicale, un article qui établissait une montée fulgurante de l’avortement et de Chlamydia chez les jeunes. Une croissance de presque 60%.
C’est la faute à qui?
C’est sûrement la faute du manque de conscientisation. «Mais, madame, jamais les jeunes n’ont-ils été aussi informés. Le cinéma, la littérature, l’Internet et les cours de sexualité à l’école! On leur montre même comment enfiler un condom sur un phallus de bois dressé!» (Vous connaissez le bois dressé, vous?). Foutaise!
Après avoir élevé trois adolescents, je suis en mesure de vous dire que l’école n’enseigne rien du tout.
• Souvent, le professeur qui enseigne la sexualité est un prof de morale recyclé en sexologue, lui-même ex-prof d’éduc, man!
• Parfois, ce même prof de sexualité a un mal terrible à parler de ces choses-là avec franchise.
• Les parents ne sont pas ceux qui doivent enseigner à leurs enfants les choses de la vie puisque pas un enfant n’est capable d’imaginer que ses parents ont seulement une vie sexuelle. Ce sont les camarades les plus dégourdis qui doivent leur apprendre les guiliguilis sexuels. En riant derrière leur main. En parlant à mots couverts. C’est comme ça que la vérité est drôle à dire.
• L’école n’enseigne que la plomberie. Un canal par-ci, un couloir par là. Une bosse, une élévation noble, un orifice. Et tout le bataclan génital. À l’école, nos élèves apprennent qu’on ne dit plus une bizoune ou les boules. À l’école, nos élèves apprennent à prononcer les vrais nominations scientifiques : le pénis (hi, hi, hi!), le vagin (oh, oh, oh!). Mais ce n’est résolument que de la plomberie. Et personne n’est désigné pour raconter la vérité. Pour parler du grand frisson qui prend naissance au creux du ventre comme quand tu as couru trop vite; de la chaleur torride qui envahit ton visage; de la respiration qui s’emballe; de la voix qui détonne; des jambes de chiffon, des battements de cœur qui s’extrasystolent lorsque tu sens son souffle chaud près de tes oreilles. Personne n’est assez à l’aise pour dire aux jeunes que lorsqu’ils se déshabilleront pour la première fois devant l’autre, ils se sentiront fondre comme une guimauve au-dessus de la braise. Que lorsque se manifestera une érection du tonnerre, le tir peut être aussi rapide que l’éclair! Que lorsqu’on fait l’amour pour la première fois avec quelqu’un dont on ignore la couleur même du regard, il est impensable de lui demander d’enfiler un condom sur son sexe brandi surtout si les gestes sont saccadés et maladroits et que la gêne ne s’est pas évanouie. Personne n’est assez à l’aise pour dire aux jeunes qu’il faut bien de brosser et se tailler les ongles, se laver les dents et tout le reste… que la mauvaise haleine peut te faire rater la plus merveilleuse aventure. Pour dire aussi que c’est plus facile d’en parler lorsqu’on connaît bien son partenaire.
• De là l’urgence d’enseigner aux jeunes qu’il faut prendre son temps et bien préparer l’autre à l’amour. Parce que c’est bien d’amour qu’il s’agit, non?

Tant que le discours «sexuel» ne sera pas celui, très souhaitable, que je viens de dépeindre, alors, laissons les jeunes faire leur propre éducation sexuelle entre eux. Les vieux, nous autres, sommes incapables de dire les vraies «affaires», alors ne nous mêlons pas de celles des jeunes.






Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
2022 © Francine Allard.com. Tous droits réservés.


Retour en haut