Retour à l'accueil

  Varia

RESTAURANT: DERRIèRE LES FAGOTS à LAVAL

Derrière les fagots

CE QUE L’ON ATTEND D’UNE BONNE TABLE
Francine Allard



On croirait à un immeuble enclavé derrière un petit boisé, allusion aux fascines qui servent à allumer l’âtre. Derrière les fagots, situé sur le boulevard Sainte-Rose à Laval,
tire son appellation d’une expression provençale signifiant un vin exceptionnel et par extension, une chose d’une qualité remarquable. On ne s’y trompe pas lorsqu’on pénètre dans cet endroit magnifiquement décoré, dans les tons de bourgogne et d’écru, vaste salle inondée de musique jazzée et de l’attention rarement égalée de la part du personnel de Denis Carbonneau.

Après réservation, on vous rappelle même pour s’assurer que vous ne vous soutirerez pas à votre présence à l’heure convenue, signe probable que les places sont largement convoitées. Et pour cause.

J’y suis allée le 13 février, la veille de la Saint-Valentin. L’ambiance était à l’amour ce qui n’est pas rien. Un joli menu, piqueté de cœurs rouges, proposait des saveurs et des essences qui, selon la légende, auraient des propriétés aphrodisiaques : le thym, le miel, le romarin, par exemple.

D’entrée de jeu, un amuse-gueule nous a été servi : chou (comme dans chou à la crème) farci au parmesan frais. La pâte était légère et malgré le vide qui occupait son centre, le fromage était assez présent. Puis, un potage aux carottes et rutabagas nous fut présenté assez consistant pour supporter quelques rayures de miel parfumé au thym et une incrustation de yogourt. Un délice!

Un plateau dégustation de charcuteries de viandes ou de poisson, fut proposé avec un surplus de 6$. Nous y avons renoncé.

En entrée, j’ai hésité entre les gnocchis farcis à l’agneau sur une riche duxelles (farce de champignons à l’échalote), la salade d’endives et pommes (vinaigrette au bleu). J’ai choisi les fines tranches de saumon mariné alors que mon conjoint optait pour un foie gras en torchon (supplément de 8$). Le saumon, trop abondamment salé, était très frais et la vinaigrette à l’orange confite, un complément inégalable. Aucune amertume du zeste, juste le goût un tantinet suret qui agace délicieusement les papilles. Le foie gras au torchon avait une onctuosité telle, qu’on aurait voulu qu’il dure plus longtemps.
Nous avons opté pour le vin servi au verre. Le sommelier nous apportait le Sauvignon ou le Gaillac selon la force de l’arôme du plat choisi. Nous n’avons pas été déçus, chacun des vins se mariant parfaitement avec le moelleux du saumon ou du foie gras.
L’allégresse avait bien débuté.

Puis, hésitation folle entre le poisson frais (thon ou saumon) du marché embeurré de crevettes à la moutarde; le filet de veau en blanquette de ris feuilleté. J’ai plutôt porté mon choix sur le cerf de Boileau servi avec le légendaire os à moelle dans lequel frétillent encore les escargots mêlés aux tendres morceaux de moelle savoureuse. Cuisson laissant la viande saignante et d’une tendreté exquise, pas très chaud cependant, le cerf reposait sur une purée de courge et de longues tiges de brocoli. Un soupçon de sauce qui ne noyait pas la viande laissant le palais savourer pleinement le goût de noisette, sans le sapinage, du cerf d’élevage. Un choix exceptionnel.

Mon conjoint a plutôt choisi l’agneau de Madame St-Jean braisé aux petits oignons et moût de raisin, accompagné de tendres flageolets et de petits légumes empreints du caramel de la sauce. Deux verres de vin rouge, un Bordeaux et un Côtes du Rhône, furent choisis par le sommelier. On ne pouvait pas demander mieux.

Une assiette de fromages fins (supplément de 6$) nous a été apportée avec un peu de retard. Le pain, qui nous arrive sous différentes saveurs et formes (noix, canneberges, de froment ou de blé entier), accompagnait à merveille les trois fromages rares qu’on nous demandait de choisir parmi une douzaine présentée sur un plateau de verre. Accompagné d’un verre de Maury.

Le café était puissant et très aromatique. J’ai toujours dit que la qualité d’un établissement gastronomique se repère par la saveur du café. Chez Derrière les fagots, le café est excellent et servi avec de la crème dans un crémier. Je ne dois pas oublier non plus la fleur de sel, produit de luxe prisé des gastrolâtres, qui est de mise sur toutes les tables.

Pour le dessert, arrivé trois quart d’heure après le café, le choix a été difficile. Le chef nous proposait un coulant de grand cru Tanzanie avec son lait battu à la pistache, le quatre-quart avec sorbet de pommes au caramel mais nous avons opté tous les deux pour le parfait mousse glacé au citron servi sur un enchevêtrement de poires pochées dans le Riesling et des petits dés de biscuits au beurre croquants. Le parfait était parfait, pour se permettre ce jeu de mot. Onctueux, fondant, juste assez sucré, et la menthe fraîche lui donnant l’essence des desserts de rois. Sublime!

Somme toute, mis à part quelques petits ratés dans le service, je considère Derrière les fagots comme une table des plus enviables de la grande région de Montréal-Laval et l’atmosphère vaut le détour.

Coût pour deux personnes, incluant 5 verres de vin et la taxe : 167,98$ pourboire en sus (190$ total).

☼☼☼☼ sur 5
_____________________________________
Derrière les fagots
166, boulevard Sainte-Rose, Laval H7L 1L4
450.622.25.22







Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
2021 © Francine Allard.com. Tous droits réservés.


Retour en haut