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  Varia

RESTAURANT: LA SILA

La Sila

Une réputation qui fout le camp!
par Francine Allard


Invités par une relation d’affaires à voir Dom Juan au théâtre Saint-Denis, celle-ci a cru bon se fier aux déclarations du restaurant La Sila d’être, en plus d’une fine cuisine italienne, «Les spécialistes de théâtre (sic)» pour nous convier à la table de Franco et de Tony, pour mon conjoint et moi, une cinquième fois en autant d’années. L’affirmation est prétentieuse et surtout erronée. On devrait plutôt écrire sur la carte d’affaires du restaurant : « Au cœur de la cité des spectacles», peut-être.

Arrivés par la cour arrière, qui offre un stationnement pour une quinzaine de voitures (et qui nous permet d’y laisser le véhicule durant le spectacle de notre choix, ce qui en soit est une valeureuse idée), nous pénétrions dans le restaurant et suivions notre hôte vers l’avant. Un décor propret qui ne se renouvelle pas vraiment. Des tables juste assez serrées pour suivre la discussion qui a cours à la table d’à côté. Notre serveur, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à notre cher Paul Buissonneau, nous offrait un menu aussi rempli que celui de Da Giovanni, comprenant la table d’hôte du midi, celle du soir, en plus du menu à la carte, selon moi, inutiles. Le menu du soir seulement conviendrait.

La salade verte en entrée était surtout composée de jeunes pousses de betteraves bien tendres, de deux morceaux d’une tomate qui n’avait pas achevé son mûrissement, le tout inondé d’une vinaigrette forte en huile d’olive très vierge et très pressée à froid. L’unique olive noire goûtait le pétrole selon l’avis de notre groupe. Mon conjoint a lui, choisi les moules qu’il a bien appréciées puisque leur chair était souple et bien orangée et la sauce agréablement relevée. Le plat principal fut pour moi des linguine avec cinq grosses crevettes (ce qui n’est qu’une question de point de vue) trop cuites. Les pâtes, al dente comme savent si bien les faire les Italiens, étaient accompagnées de petits légumes assaisonnés d’herbes chargées de sens. Pour deux de notre groupe, ce fut la côte de veau un peu saignante, accompagnée d’un enchevêtrement de légumes trop cuits. Pour notre jeune amie, ce fut le simple spaghetti à la tomate qui ressemblait, selon moi, au Boyardee en boite de conserve. Le dessert, accompagnant la table d’hôte, était un gâteau vanillé aux marrons encore une fois bien ordinaire, étant surpassé par le Choix du Président. La cerise sur le sundae a été sans conteste cette assiette de fruits frais (quelques tranches de kiwis, d’orange, de pommes Granny Smith et quelques raisins) que j’ai commandés et qui goûtaient fortement l’oignon. Celle qui l’a préparée a omis de nettoyer son couteau qui avait servi, bien sûr, à trancher des oignons, s’est excusé notre serveur. On ne nous a pas fait payer cette assiette de fruits.

Le café était corsé, sirupeux à cause de son attente trop longue en cafetière.

Somme toute, un souper qui a coûté 200$ pour quatre personnes bien raisonnables et qui coûterait facilement 250$ pour des clients affamés. La réputation de La Sila en prend un coup. La Sila a déjà acquis une excellente réputation mais n’a pas tenu devant la concurrence des magnifiques tables du quartier italien de la rue Saint-Laurent, par exemple, qui offrent dix fois plus. Hélas.


La Sila
2040, rue Saint-Denis
Montréal, Québec
H2X 3K7
(514) 844-5083

☼☼ sur 5



Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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