Retour à l'accueil

  Éducation

LES ENFANTS ITINéRANTS

Je ne suis pas contre les fondations dans les écoles puisque qu’elles permettent au conseil d’établissement d’amasser de l’argent pour les activités correspondant au projet éducatif qu’il soutient. Bien sûr, une fondation à l’Ile des Sœurs, c’est un peu abusif. Des écoles comme Bienville (la paroisse René-Goupil est la plus pauvre du Canada) en aurait largement besoin, pas l’Île des Sœurs.

Mais ce à quoi je m’oppose sauvagement, ce sont les enfants qui quêtent aux portes. Ceux qui ne savent pas pourquoi ils vont en France avec leur classe alors que le trois quart de leurs voisins n’ont jamais eu les moyens de voyager. Depuis quelques années, j’ai tout vu. Les enfants des écoles primaires sont venus me vendre du pain tranché, la dictée PGL, des caisses d’oranges, des décorations de Noël, du chocolat, du sucre à la crème, des gratteux, des billets de tirage. Pourquoi? Pour aller en France, pour aller à la cabane à sucre, pour acheter du matériel informatique, pour regarnir leur bibliothèque, pour aller à l’Insectarium. Les parents n’ont pas les moyens de payer pour les petites sorties de leurs enfants mais ils acceptent de donner pour payer la sortie de leurs petits voisins.

Un jour, une fillette est venue me vendre des billets de tirage pour lui permettre d’aller en France avec sa classe. Je suis allée voir M. Garon, le ministre de l’Éducation de l’époque. Une autre fois, mes enfants, membres du Club 4H de ma région, devaient participer à un BERCETHON. J’ai téléphoné à la direction générale. «Monsieur, je ne demanderai pas à mes voisins de payer pour que mes enfants se bercent». Le monsieur ne savait pas quoi me répondre. « Sont pas obligés de participer», a-t-il largué. « Vous ne comprenez donc pas? On enseigne aux enfants à se bercer en attendant que les autres payent pour eux. C’est de la mentalité BS, comprenez-vous? On apprend aux enfants à devenir des assistés sociaux!»
Le monsieur a refermé la ligne parce qu’il ne savait pas quoi répondre. J’ai retiré mes enfants du Club 4H qui en soit, est une activité merveilleuse pour des enfants. Tout ça à cause d’une responsable complètement tarée.

Quand expliquera-t-on à nos enfants-rois que lorsqu’on n’a pas les moyens de faire quelque chose, on ne la fait pas?


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
2022 © Francine Allard.com. Tous droits réservés.


Retour en haut