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  Éducation

DE L’HUMOUR, LES PROFS!

J’aime les enseignants et parce que je les aime, je les houspille souvent. « C’est pour ton bien que je te chicane», disait ma mère. Mais aujourd’hui, pour leur faire plaisir, je leur offre ces mots d’humour trouvés dans la partie «commentaires de l’enseignant» sur des bulletins d’élèves du secondaire. Des commentaires écrits par des enseignants philosophes.

- Attentif en classe (aux vols des mouches).
- Cet élève a touché le fond… mais creuse encore!
- Élève en nette progression vers le zéro absolu!
- Prétention d’un cheval de course qui a les résultats d’une bourrique.
- Participe beaucoup… à la bonne ambiance de la classe.
- Se retourne parfois… pour regarder au tableau.
- Élève brillant… par son absence.
- Dort en cours, sur le clavier ou le tapis de souris, selon l’urgence.
En dessous : Ne se réveille que pour boire son café entre les périodes de cours.
- Quelques progrès…mais toujours nuls.
- L’apathie a maintenant un visage.
- Sèche parfois le café pour venir à ses cours.
- Un touriste ambitieux aurait au moins pris quelques photos!
- En forme pour les vacances!
- Tout comme son acolyte Jean-Eudes, il plonge inexorablement dans les profondeurs de la nullité.
- Fait preuve d’un absentéisme zélé.
- Fait des efforts désespérés… pour se rapprocher de la fenêtre.
- Probablement en hibernation.
- Malgré le printemps, toujours pas réveillé.
- Nulle mais conséquente.
- Étudie bien… mais ne retient pas.
- A un talent remarquable… pour le silence.
- Entraîne ses camarades… vers l’abysse.

Je me souviens, C’était en septembre 1985. Je me suis rendue à l’école de mon fils à Mirabel. Une petite école de campagne avec à peine 180 élèves. Des enseignantes qui étaient là depuis toujours. Qui avaient enseigné aux parents de leurs élèves. Ordre du jour? Présentation des matières enseignées et administration des sacrements. La première communion et le sacrement du pardon. Il y a une vingtaine de parents à cette petite assemblée. Mon fils ne suit pas les cours de cathéchèse. Lui et son ami Yann sont «en morale». Ils sont cinq dans l’école à suivre les cours de morale. Cinq qui sont pointés du doigt par les enseignantes. Un Mormon, quatre dissidents.

Je me souviens d’avoir demandé aux parents présents lesquels d’entre eux allaient à la messe le dimanche. À peine sept personnes. Sept parents sur vingt-six fréquentaient l’église catholique mais vingt-quatre enfants allaient confier à l’école publique la démonstration de leur foi par l’administration de leurs sacrements. Drôle de situation.

Je leur fais part de mon inquiétude. Une mère nous dit : « Mon fils, il a hâte de recevoir Jésus dans son cœur». Je l’observe. Elle dit ça avec les yeux fermés comme lorsqu’on prie. Elle était convaincue. Je leur mentionne que je suis conséquente avec moi-même. Pas de pratique religieuse, pas de sacrements. Les autres répliquent qu’ils aiment mieux leur faire faire leur Première communion au cas où. Au cas où quoi? Au cas où ce serait vrai l’enfer et toutes ces choses qu’on nous a enseignées. « Ça sera faite!» ajoute cette autre.

Donc, si je réfléchis bien, il y a dans nos écoles publiques une majorité qui reçoit l’enseignement religieux mais une minorité de gens qui pratiquent la religion catholique. Il y a par contre des milliers de jeunes qui pratiquent fidèlement leur religion ( bouddhistes, musulmans, protestants) mais qui ne reçoivent pas leur enseignement religieux à l’école. Chercher l’erreur.

Je suis allée dans une école magnifique de Ville Saint- Laurent pour parler aux enfants des livres. Une école tellement multi-ethnique qu’on doit chercher les enfants qui portent un nom québécois. Quelle merveilleuse réalité! On suppose que les cours de morale doivent se donner dans toutes les classes afin d’éviter le choc des croyances. On souhaite que cette école soit neutre. Que la religion se vive de l’intérieur afin d’éviter les guerres idéologiques. Pas du tout : cette école est catholique. On voit encore défiler les petits catholiques, seuls au monde, qui se rendent dans un autre local afin de suivre eux, leur leçon de cathéchèse. Bizarre.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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