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  Éducation

LES PATATES DE DIVAN

Le «ministre» Legendre fait son entrée au Temple de la renommée en instaurant un programme d’activités sportives après les heures de classe. Bravo. Lorsque j’étais commissaire scolaire, combien de fois ai-je demandé que les écoles soient utilisées après les cours, dans la soirée, les fins de semaine, puisque ce sont les citoyens qui payent pour l’entretien de ces bâtisses!

On me répondait que les autobus partaient à 15h26 et que les parents ne voulaient (ou ne pouvaient) pas aller chercher leurs enfants après une joute de ballon-panier. Pourtant, ils vont chercher leurs jeunes enfants à la garderie, non? On me répondait aussi que le concierge coûtait cher et que les utilisateurs en soirée pouvaient faire du vandalisme dans l’école.
Donc, toutes des raisons pour que nos écoles demeurent vides après les heures de classe.

Désormais, les jeunes «pourront» se prévaloir d’activités sportives après la classe pour contrer l’obésité qui est de plus en plus flagrante dans nos écoles. Si j’ai bien lu, des autobus partiront tout de même à 15h26 pour ceux qui ne veulent pas rester à l’école. Entendons par là, les paresseux et les petits gros qui ne veulent pas faire de sport. Ceux qui resteront à l’école pour jouer au hockey Cosom seront ceux qui jouent déjà au hockey Cosom. Les autres prendront l’autobus de 15h26 et préféreront aller s’effouèrer devant leur téléviseur et M. Legendre aura raté son coup!

Ce qu’il faut, c’est que les écoles soient ouvertes jusqu’à 17 heures et que tout le monde prenne l’autobus de 17h26! Tous les élèves. Et qu’ils aient le choix d’aller à la salle d’études pour faire leurs devoirs, ou de jouer à des jeux de société (échec, Monopoly, Donjons et Dragons), ou encore de pratiquer un sport d’équipe. Impossible, me dites-vous! Qui va rester à l’école pour la surveillance? Combien coûteront ces activités sportives?

Attendez : on a des choix à faire. Deux transports d’autobus l’un à 15h26 ET l’autre à 17h26 tel que le propose le ministre Legendre, coûtent très cher. Ma proposition compte un seul transport mais deux heures plus tard. Les tenants de la santé physique proposent deux fois plus de cours d’éducation physique alors, on pourrait payer ces enseignants pour s’occuper des activités sportives. Et embaucher des profs à la retraite pour tenir la salle d’étude. Et l’argent qu’on économiserait sur les soins de santé? Des enfants plus en forme, des parents moins inquiets, une société plus responsable, sûr qu’on y gagnerait à la longue.

Et que les médecins se réveillent. Le mien raconte que des tas de jeunes filles et d’enfants obèses réclament des billets pour ne pas participer aux cours d’éducation physique. Et ce sont leurs parents qui les demandent, bien souvent. L’autre jour, un père a demandé une dispense d’éducation physique jusqu’à la fin de l’année pour sa fille qui a fait une mononucléose. Le médecin a refusé. La jeune fille n’aimait pas le ballon panier… parce que ça brisait ses ongles en acrylique! Elle n’aimait pas la course parce que ses seins sautaient et que ça lui faisait mal. Elle n’aimait pas la gymnastique parce «qu’on a l’air comme folles et que les autres se moquent comme de nous autres, t’sais veux dire».

Il faudra aussi augmenter le nombre de cours d’éducation physique à trois par semaine. Et bien les enseigner. Nous devons. Parce que le sport d’équipe est excellent pour l’estime de soi et la solidarité est plus que nécessaire.

Faudra aussi plus d’encadrement. Les ongles en acrylique, les cheveux laqués, les jupes étroites et les soutien-gorge demi-buste qui laissent échapper leur chargement à la moindre stepette, faudra y voir. On a du chemin à faire. Je le sais : je détestais l’éducation physique et aujourd’hui, je paye pour.


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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