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  Éducation

LES GARS ET LES FILLES

Je lis avec un certain amusement tous les articles, toutes les lettres ouvertes, au sujet de l’échec des garçons et je vais moi aussi tenter certaines explications, rassemblant les diverses idées évoquées dans une multitude de mes chroniques.

D’abord, je ne crois pas que le fait que les filles ont de meilleurs résultats scolaires est un constat nouveau. La seule époque où les garçons étaient meilleurs que les filles c’est lorsque les filles n’avaient pas accès aux études! Et on parle ici des études secondaires. Il ne faut pas tout mélanger.

Au primaire, il est vrai que les profs sont en majorité des femmes. C’est un principe qui est vérifiable depuis que l’école existe. Le plus étonnant est que ce soit un homme qui ait fondé l’école. Il y avait assurément une femme derrière lui qui voulait une job à plein temps.

Puis, il y a la formation des maîtres.
Je vais vous raconter. Mon fils s’est inscrit à l’UQAM en sciences de l’éducation il y a quelques années, en enseignement préscolaire et premier cycle du primaire. Il a fait une session. Ils étaient trois garçons et plus de 125 filles. Des loups dans la bergerie, vous croyez? Pas une miette. Trois pauvres petits camarades qui un jour, en ont eu assez d’aller à l’avant réciter des petites comptines et inventer des petits jeux pour les bébés et devant parler bébé comme s’ils s’adressaient à des tout-petits. De retour à la maison, il s’est écrié : c’est une job de moumoune, ça ne m’intéresse plus. Il est devenu créateur de sites web. Le meilleur de tous (c’est sa maman qui parle!). Je ne généralise pas. Mais à la fin de la première année, les trois garçons s’étaient éclipsés.

Durant les quatre ans que durent les études du baccalauréat en sciences de l’éducation, pas un seul cours de théâtre, de pose de voix, pas de technique de lecture à haute voix, aucun cours qui pourrait assurer que les enseignantes sont intéressantes et vivantes. Vous me direz que si la maîtresse en ennuyante, elle le sera aussi pour les filles. Or, celles-ci réussissent encore mieux que les garçons.

Personne n’avoue que la présence des femmes dans l’enseignement primaire est aussi, je dis bien aussi, le fait que l’enseignement est le choix de plusieurs filles qui ne réussissent pas au secondaire en sciences? Allez voir pourquoi tant de filles «bifurquent» vers l’enseignement parce qu’elles sont poches en mathématiques, en chimie et en physique. Il est là aussi le problème. Les filles sont meilleures en psychologie, en comptines 101 et en sollicitude 304. Et, selon ce que plusieurs jeunes stagiaires que j’ai rencontrées m’ont avoué, plusieurs d’entre elles choisissent l’enseignement pour être à la maison à 15h30 et pour les mois de vacances passés avec leurs propres enfants.

Maintenant, pourquoi les filles réussissent-elles mieux à l’école que les garçons, selon les récentes études. On parle ici du primaire. Parce que les garçons ont davantage besoin de bouger, je puis vous le jurer puisque j’ai enseigné longtemps au primaire, mais aussi parce qu’il leur manque l’image masculine dans ces écoles où les seuls hommes sont des profs d’éducation physique et le concierge et dans certains cas, le directeur d’école. Non pas parce qu’ils manquent de références masculines, mais plutôt parce qu’ils manquent d’influence masculine. La plupart des garçons en difficulté au primaire ont, en plus de la maîtresse, une mère qui détruit l’image du père.
Ce sont les enseignantes qui sont responsables alors, de la place réservée à l’image du père dans leur classe. Et si par malheur, l’enseignante vit elle aussi une séparation de son conjoint, alors planquez-vous les gars!

Il y a aussi un autre facteur non négligeable. Les filles sont plus téteuses. Elles aiment les petites illustrations collées dans leur cahier, elles sont les reines de la manigance également. Les chuchotements qui inquiètent les collègues, les médisances et les calomnies et le louvoiement de bas étage. Lorsqu’il y a des manigances d’accusations d’abus sexuels, même au primaire (!) , ce sont toujours les filles qui en sont les principales actrices. Les garçons doivent alors se dire qu’ils sont toujours tenus à l’écart de ce monde de femmes.

Au secondaire, on ne parle plus des mêmes choses. On parle de filles qui se développent sexuellement deux fois plus rapidement que les garçons. Qui s’habillent comme des négociantes en sexe, tombent amoureuses de leurs profs masculins, magouillent pour les punir de ne pas les avoir aimées, et trouvent malgré tout le temps de mieux étudier, de mieux écouter et de mieux réussir. Les gars eux, ont rarement le temps pour ces petites «affaires», trop occupés qu’ils sont à s’organiser entre eux, à soigner leur acné, à faire gagner leur équipe au soccer.

Je sais que je ne suis pas une spécialiste en éducation mais, j’essaie de comprendre.

Comment voulez-vous que les garçons soient tentés de réussir alors que leur mère démolit l’image de leur père qui, trois fois sur quatre, a quitté le foyer? Comment faire sa place dans un monde où on ne peut pas rivaliser contre une poupoune oxygénée qui étale son 34C et ses hanches pleines devant les profs inquiets? Comment vouloir réussir alors qu’on est de moins en moins certain d’avoir un emploi à la fin de nos études? Pourquoi réussir là où les filles forment un bloc féministe où lui est exclus davance? Comment définir une image positive de soi quand à l’école on s’acharne à implanter dans la tête des étudiants que l’homme est un être normalement violent? Comment vivre dans un monde où l’homme est redevenu Cromagnon, selon le diktat des femmes?

Je ne crois pas que les filles réussissent mieux que les garçons. Je crois simplement que nous sommes en train de nous questionner sur le fait que l’école favorise les filles alors que pendant des siècles, elles n’avaient même pas accès aux études. Le juste retour du balancier.
Et quand nous aurons terminé avec les pauvres gars, peut-être pourrons-nous parler de l’environnement, de la pauvreté dans le monde, de la guerre qui s’élève?

J’ai hâte de voir, si toutes féministes que sont certaines femmes, si la guerre éclatait, combien d’entre elles seront prêtes à revêtir l’uniforme et à aller combattre l’ennemi? Grandes parleuses, petites faiseuses? Elles diront alors qu’elles sont contre la guerre. Et pourtant…


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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