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  Éducation

LE PALMARèS ACTUALITé

Chaque année, le palmarès des écoles secondaires de l’Actualité réveille des vieilles querelles.
Certains disent qu’on ne doit pas comparer des oranges et des balles de tennis. Je suis d’accord. Mais les écoles secondaires publiques sont aussi remplies de jeunes qui composent notre société. Il y en a des riches et des pauvres. Il y a des studieux et d’autres qui sont moins ambitieux. Il y a la discipline et il y a le laxisme.

Je me suis toujours demandé pourquoi les écoles publiques ne s’inspiraient pas des règlements de l’école privée puisque la preuve est faite que les élèves y réussissent mieux. Je suis aussi d’avis qu’un jeune qui veut réussir en sera capable dans n’importe quelle école, qu’elle soit privée ou publique. La différence est que s’il ne veut pas réussir dans une école privée, il sera tenu à donner des maudites bonnes raisons et il y a fort à parier que ses parents vont lui parler dans le casque!

Pourquoi les jeunes filles ont-elles le droit de se promener le nombril à l’air dans une polyvalente et que cela est défendu au privé? La différence entre les jeunes n’est pourtant pas si grande. Pourquoi les parents doivent-ils aller rencontrer les enseignants pour recevoir le bulletin au privé et qu’au public, il y a full parents qui ne se dérangent même pas? Ne pourrait-on pas exiger qu’au moins un parent vienne chercher le bulletin si son enfant veut obtenir son diplôme. Pourquoi ne pas faire comme dans le film «Compte sur moi» et faire peinturer les corridors aux jeunes qui les ont enduits de graffitis?

Rappelez-vous cette école secondaire de Sainte-Anne-des-Plaines où je suis allée il y a trois ans. J’avais dénoncé dans cette rubrique le fait qu’après le dîner, la cafétéria ressemblait à un dépotoir. Un parent avait lu ma chronique et avait soutenu le comité des étudiants pour qu’ils m’envoient une lettre très haineuse qui allait jusqu’à déconseiller aux autres écoles de faire lire mes romans à leurs copains. Rappelez-vous que mon adresse personnelle en haut de la lettre avait été remise aux étudiants par la secrétaire de l’école. Rappelez-vous que des idiots sont venus vider le contenu de plusieurs sacs à vidanges sur la pelouse devant chez moi, et que la commission scolaire n’avait rien voulu faire.

Comment demander aux étudiants de performer, d’étudier, de se dépasser si des adultes ne savent pas se comporter avec élégance?
Le répertoire de l’Actualité nous dit qu’il y a des enfants qui ont de la chance et qui acceptent de performer; et qu’il y en a d’autres qui répandent leurs déchets sur le plancher de la cafétéria. Parce que c’est ainsi qu’on les a élevés.

Je suis consciente aussi que dans certaines écoles secondaires privées, il y a aussi des lacunes. Je vous raconte. Mes enfants ont tous les trois fréquenté une école secondaire privée. Un des plus beaux collèges au Québec. Il y a même un jardin intérieur autour duquel colimaçonne un grand escalier. Un jour, un élève a tenté de se suicider et s’est jeté dans ce beau jardin et sa chute a brisé un arbre provenant d’Afrique, expressément pour ce collège. Cette institution n’avait pas de psychologue sur place pour aider un élève en difficulté. Cette institution privée avait embauché un ancien cocaïnomane pour «intervenir» auprès des élèves. Personne n’a vu le jeune avant qu’il ne décide de se jeter en bas du grand escalier. L’étudiant s’en est sorti indemne mais ses parents ont reçu une belle facture pour… remplacer l’arbre africain.

Il y a comme ça des histoires horribles même dans les écoles privées. Dans les polyvalentes, il y a plein d’intervenants pour accompagner les étudiants. Des intervenants en suicide, en drogue, en comportements inacceptables. Et si L’Actualité était vraiment honnête, ces écoles publiques auraient vingt points de plus et ne seraient aucunement comparables avec les écoles privées. Parce que l’éducation, c’est bien plus que de réussir ses maths 425! C’est aussi réussir le cours Existence 555!


Ce texte est protégé par les droits d'auteur et n'engage que l'opinion de Francine Allard.
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